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A l’angle Nord Ouest des remparts romains, le château fort
de Dax est construit dès le XI° siècle ; il a la forme d’un trapèze, et est
séparé du reste de la ville par un fossé. Ce château est le siège de la
vicomté, puis la résidence du prévôt. Son architecture est profondément
modifiée au cours des siècles ; les derniers travaux des années 1810 en font
une caserne.
En 1888 cette caserne est désaffectée, les bâtiments sont achetés à la
ville et rasés par la société Dax-Salin-Thermal, pour y construite des thermes
et un casino. Ce luxueux édifice, de style éclectique, ouvre ses portes en
1894, et connaît un vif succès auprès des riches Dacquois et des curistes
fortunés. Mais aux lendemains de la guerre de 14-18 le thermalisme à Dax va
mal : l’ensemble des structures thermales est obsolète et mal géré, la ville
souffre de l’image d’une station vieillotte. Eugène Milliès Lacroix, brillant
homme d’affaires, va relancer la station. En 1926 Dax-Salin-Thermal est ravagé
par un incendie.
Le Splendid Hôtel sera construit sur ses ruines, par deux architectes
parisiens : André Granet et Roger Expert.
Il sera inauguré le 26 Octobre 1929, par Milliès Lacroix
devenu maire de Dax (consulter la liste de tous les maires de Dax). Les
concepteurs de ce nouvel édifice optent pour le béton armé, et toute la
liberté que ce nouveau matériau offre à leur imagination. Le bâtiment suit un
plan en H, avec au sous sol les salles de soins, à l’étage 184 chambres, et au
rez de chaussée de beaux espaces publics : hall, fumoir, salle à manger, et
leurs extensions, terrasses, emmarchements, jardins.
Le Splendid Hôtel proposait « le confort complet,
l’agrément, le repos, associés au traitement le plus performant » dans un
environnement d’un luxe inouï. L’accent est mis sur la décoration confiée aux
mosaïstes, verriers, stucateurs, les plus habiles de l’époque. Deux éléments
caractérisent le style art déco de Granet : la lumière et la ligne verticale.
La lumière est prépondérante dans la scénographie
orchestrée par cet architecte, que ce soit celle qui entre par les grandes
baies qui scandent les façades, ou celle de l’admirable mur de lumière du
grand hall, des colonnes lumineuses du fumoir, des piliers incrustés de
miroirs de la salle à manger, ou celle des fontaines – phare de la terrasse.
La ligne verticale elle, se répète sur les décrochements
des façades, les cannelures des piliers, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur,
renforce l’aspect monumental du bâtiment ; le fait de choisir des colonnes
sans chapiteaux, et des meubles très trapus, accentue l’impression de hauteur
des plafonds et l’impression d’espace des volumes.
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